Redevenir mère et s’affirmer en tant que telle

Réussir à douter alors que l’on est convaincu d’avoir raison.

arbre*

Quand ta sage-femme commence la conversation par: « Moi aussi j’ai allaité mes enfants… » Tu te dis intérieurement « Chouette! Au moins elle s’y connait et ne me sortira pas d’ignominies plus grosse que la baleine que je suis. »

Eh bah en fait non.

***

La pression du corps médical

J’ai accouché le 10 février dernier d’un troisième chaton, il est arrivé bien trop vite dans la voiture mais ce fut une magnifique expérience.

Revenons maintenant à la sage-femme.

Sortie plus tôt d’un jour à la maternité, j’avais la visite programmé d’une sage femme le lendemain, qui finalement reviendra le surlendemain et une semaine après, essentiellement pour le suivi du poids: cela rassurerait le papa et permettait de surveiller le cordon, pas très joli.

Lors de sa dernière visite, j’étais malade: une bonne crève, nez qui coule, gorge qui gratte. Bref, pas la forme. Avec les réveils de la nuit, j’étais très fatiguée. Mais pas encore assez fatiguée pour l’écouter.

Premier exemple: l’inutilité

– « Il y a combien de tétées par jour? »
– « Il tête à la demande. »
– « Oui c’est bien c’est ce qu’il faut faire!…. mais combien de tétées environ? »
– « A la demande… et je ne regarde pas l’heure -_-« 
– « Disons toutes les trois heures, ok? Oui je vais noter ça. »
 (Eh bien faites, hein, faites donc…)

*

Faut vraiment qu’un jour on m’explique l’intérêt de noter tout ça?

Un peu comme à quelles heures ai-je changé les couches? Un bébé mange quand il a faim et on le change quasiment à chaque fois qu’il mange donc… bah euh?

*

Second exemple: l’ignorance

 – « Que comptez-vous faire alors? Vous allez tirer votre lait? Parce que vous n’avez pas de boite de lait au cas où vous m’avez dit.

 (Moi: Gné? gros yeux)

– « Pourquoi faire? »
– « Pour nourrir le bébé! »

 (Moi pas comprendre)

– « Je l’allaite au sein, pourquoi tirer mon lait? »
– « Parce que vous êtes malade. »

(Mais qu’est-ce qu’elle me raconte *très gros yeux*
je vais essayer de lui traduire parce que là…)

– « Oui je suis malade.. et je vais continuer de l’allaiter au sein. Je ne comprend pas pourquoi vous voudriez que je tire mon lait? »
– « Pour les microbes, vu que vous êtes malade. »

(Non bah j’avais bien compris, elle me raconte n’importe quoi)

– « Ça n’a aucune utilité, je vais faire attention et me laver les mains souvent, essayer de ne pas lui faire trop de bisous, mais mes anti-corps seront dans le lait donc c’est très bien pour lui. »

(Elle me zyeute avec les yeux ronds de celle qui comprend rien)

« Bah oui, je suis malade, donc je fabrique des anti-corps que je lui fournis. Au sein ou au biberon… pourquoi je tirerais mon lait pour lui donner le biberon? »

(Elle a l’air de tilter)

– « Bah oui c’est vrai… mais c’était pour limiter les contacts. Pour ne pas lui refiler votre maladie. »

(J’hallucine complètement!! Peut être que c’est un rêve en fait? Genre je vais m’emmerder à tirer mon lait, ça va me prendre trois plombes pour ensuite lui donner au biberon?
Pour arriver au même résultat en plus: va bien falloir que je le touche pour lui donner ce biberon non?
)

*

Mon homme est venu à ma rescousse, pour appuyer mes dires car avec trois enfants en bientôt 5 ans et plus de 3 ans d’allaitement au compteur, il avait appris pas mal de choses, lui.

Elle, sage-femme depuis une vingtaine d’années, était en train de nous raconter n’importe quoi. Mais vraiment.

Vous imaginez si ça avait été mon premier enfant? La galère du tire-lait, la fatigue et tout… pour rien?

***

Troisième exemple: la norme

La sage-femme est venue trois fois. Elle a réalisé différents soins qui incombent à son statut, et l’a donc pesé trois fois.

Sauf qu’entre la première et la troisième pesée, il s’est passé une semaine. Et en une semaine, il aurait du prendre environ 150g. Mais il n’en avait pris que 60g.

Elle a réussi à me faire douter, alors que c’était mon troisième allaitement.

Elle m’a demandé de songer à lui donner un complément (sans nommer le biberon car elle savait que j’allais grogner) parce qu’il n’était pas dans la fameuse moyenne.

Il avait même pas deux semaines de vie encore.

Son poids de naissance était dépassé, il grossissait. Comment réussir à conclure que mon lait n’était pas suffisamment nourrissant?

Je lui ai rétorqué qu’il avait le sein quand il voulait, qu’il le repoussait quand il était repu et qu’il dormait vraiment très bien. De longues heures, sans pleurs. Un bébé calé dort bien, un bébé qui a faim pleurerait non?

Elle a quand même réussi à me faire douter de moi, j’avais peur pour mon bébé.

***

Au final, je suis heureuse de ne pas l’avoir écouté mais je suis déçue de constater du nombre de conneries que le corps médical peut nous servir.

C’était une femme, anciennement allaitante, mais ce n’est pas pour cela qu’elle y connaissait quelque chose…

etremere-logoÊtre mère, sur une idée de Babidji

Être mère, c’est subir la pression du corps médical
doué pour nous faire culpabiliser.

Être mère, c’est réussir à douter de soi
alors qu’on est persuadé de faire ce qu’il faut.

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8 comments

  1. Celine M a écrit:

    J’aurais pu foirer mon allaitement grâce au personnel de l’hôpital. Ces soit disant professionnelles interrompaient ma fille quand elle mangeait pour la replacer, résultat elle pinçait fort les lèvres et j’ai eu des crevasses.
    Quand j’ai utilisé des bouts de sein en silicone on ma dit que ça ne fonctionnerait jamais que si j’avais mal c’était de ma faute…
    Elles venaient toutes les heures voir si ma fille mangeait et si c’était le cas elles se collaient a nous pour voir si je ne mentais pas et que ma fille mangeait vraiment (ben oui la belle prise de poids a la pesée était aussi simulée oO)

    Ma belle mère a fait les frais des conneries sur le fait d’allaiter malade, c’est pas la même époque mais c’était le même discours. Elle devait tirer son lait pour le jeter. Ça lui a complètement fait rater son allaitement qui reste un mauvais souvenir pour elle.

    Je pense que ces pseudos spécialistes devraient vraiment se renseigner avant de gâcher un allaitement.

    • Maman-Chat a écrit:

      Disons qu’ils pensent bien faire. Enfin non, ils pensent avoir la science infuse même lorsqu’ils n’ont jamais été renseigné sur le sujet. Et ils savent qu’ils sont en position de supériorité car ils font figure d’autorité. Et nous on les écoute bien sur.
      Parfois, c’est un vrai harcèlement qu’on peut subit à l’hôpital, j’ai lu des témoignages en ce sens, un peu comme le tien. Vraiment triste qu’à notre époque on doit subir cela.

  2. Catwoman a écrit:

    Ah, le personnel médical et ses cases. Le personnel médical et l’allaitement. J’ai l’impression qu’ils sont très doués pour dire des conneries, des fois, quand on allaite ! Et chaque fois que je lis un truc comme ça, je me dis que j’ai eu une chance extraordinaire avec la pédiatre que j’ai trouvée pour mes deux loulous … Jamais remis en question l’allaitement, même quand ils ont décroché de leurs courbes.

    Perso, aucun des deux n’a eu de pesée hebdomadaire … Juste les mensuelles et c’était bien suffisant !

    • Maman-Chat a écrit:

      Comme je le dis toujours, ils s’y prennent super bien pour réussir à nous faire douter et culpabiliser alors que « je sais ».
      J’oserais dire que j’ai au moins su m’affirmer et m’en tenir à mes convictions et que j’ai eu raison. C’est toujours ça.

  3. Babidji a écrit:

    ah non mais sans dec elles sont parfois terribles ! et j’ai eu pire moi : les pédiatres qui voulaient que je réveille mon gosse ou que je le laisse hurler car il fallait téter ttes les 3 heures ! bah non j’ai fait à la demande et heureusement que j’vaais renconytré une amie ds la rue qui m’avait confortée dans mon choix car ce saligot m’avait fait douter … d’autant plus dur que c’était le premier bb ! merci pour ta participation et ton post d’utilité publique 😉

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